Smart city : Qui n’a pas rêvé de vivre dans une ville « intelligente », plus écologique et plus sûre? Un rêve qui devient de plus en plus accessible autour de nous? « Ces villes dites « smart » ont plébiscité des projets d’open data dans les transports en commun, mis en place des caméras intelligentes, des réseaux de wifi publics, ou encore lancé des projets de réseau électriques intelligents.

« Cet article a précédemment été publié dans la Gazette des Communes en date du 13 mars 2017 »

Le terme « smart city » a été démocratisé par Bill Clinton en 2005 et part du postulat que les villes doivent apprendre à se réinventer pour faire face à l’urbanisation massive, en utilisant les outils technologiques qui sont à leur portée et en favorisant une alliance plus durable et plus performante au sein des services publics.

Ces villes « intelligentes », débordantes de capteurs, qui considèrent la data comme l’ingrédient parfait, seraient plus efficaces, plus agréables à vivre, plus durables et plus « participatives ». En théorie… Nous souhaitons tous nous intégrer dans des villes où il fait bon vivre, avec moins d’inégalités, des villes résilientes où l’on voit grandir une collaboration plus équilibrée entre les citoyens, les pouvoirs publics, les grandes entreprises et les entrepreneurs.

Trop d’infrastructures informatiques inflexibles

Cependant, force est de constater que l’on voit se multiplier des infrastructures informatiques très lourdes, inflexibles, sans que le retour sur investissement pour les collectivités et les habitants ne soit notable. De plus, on assiste à une vulgarisation du concept de smart city, auquel sont associées de plus en plus de villes, sans finalement savoir quels sont les objectifs à atteindre pour en être qualifié.

Une bonne initiative à surveiller de près reste celle du secteur de la mobilité urbaine où se développe une offre connectée avec une multiplication de services agrégés en écosystème: vélo, VTC, autopartage, scooter en libre-service, etc. Capitaliser sur des services déjà créés mais qui n’ont pas été connectés les uns avec les autres : tel est le mot d’ordre de ces plateformes.

Orienter les projets vers une dimension participative

Afin de mieux repenser ces smart cities, les projets devraient être plus orientés vers une dimension participative. Inspirons-nous davantage de la démarche « lean start-up » (1) en utilisant des méthodes telles que la coconstruction avec les citoyens, ou encore le prototypage rapide avant un déploiement potentiel.

Cette stratégie bien moins coûteuse permettrait de mieux satisfaire les besoins locaux des citoyens. Ne serait-ce pas l’approche « user centric » (2) dont nous entendons tant parler? Il pourrait s’agir de lancer des expériences urbaines au cœur de notre quotidien et de simplement observer comment nous réagissons aux changements en ville, comment nous nous approprions de nouvelles installations…

Le choix d’une approche agile, pragmatique et créative

Ce projet de société prend tout son sens si nous intégrons tous les citoyens. Prenons conscience que nous n’avons pas tous la même appétence pour la technologie, et que les plus petites villes ont, elles aussi, leur mot à dire.

Parler de smart city ne doit pas seulement consister à en décrire les multiples tenants et aboutissants mais plutôt à s’intégrer dans un projet commun de société réalisable, qui permettra aux générations futures de tirer profit des opportunités offertes par les technologies et par notre savoir-vivre humain.
Restons à la fois agiles dans notre approche, pragmatiques, mais toujours créatifs.

Notes

(1) Ndlr: cette démarche tend à réduire les cycles de commercialisation des produits, à mesurer régulièrement les progrès réalisés, et à obtenir des retours de la part des utilisateurs.

(2) Ndlr: dans cette approche, les besoins, attentes et caractéristiques propres des utilisateurs finaux sont pris en compte à chaque étape du développement d’un produit.

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