Banques digitales et mobilité bancaire : vers un marché davantage concurrentiel ?

L’actualité des dernières semaines dans l’hexagone a été marquée par les annonces phares de la part de deux grands groupes bancaires français : celle du Groupe BPCE, le 20 février, et celle de La Banque Postale, le 27 février, du lancement de leurs banques 100% digitales, en France.

Le Groupe BPCE a en effet indiqué qu’il déploierait sa banque mobile, Fidor, dès cette année 2017. Créée en Allemagne, en 2009, la néobanque communautaire Fidor a été rachetée l’été dernier par le Groupe BPCE, pourtant jusque-là réticent à investir dans la banque en ligne comme le faisaient ses concurrents. Il n’aura donc pas fallu longtemps pour que le groupe bancaire actionne, en France, ce nouveau levier qui a été un succès en Allemagne ces dernières années.

La Banque Postale prévoit, quant à elle, de lancer sa banque en ligne pour le dernier trimestre 2018. La procédure d’agrément auprès des autorités de régulation serait déjà enclenchée pour cette nouvelle banque qui se veut 100% digitale, transparente et centrée sur les usages mobiles des clients.

Ces annonces interviennent seulement quelques jours après l’officialisation par le géant des télécoms, Orange, du lancement de sa propre banque. En effet, le 16 janvier dernier, Groupama Banque, acquise à hauteur de 65% du capital par Orange quelques mois auparavant, a officiellement changé de nom pour Orange Bank. Et si Orange compte bien bénéficier, dans un premier temps, de son réseau de 650 boutiques pour le lancement de sa banque, l’objectif est clairement affiché : proposer une offre disruptive et parfaitement adaptée pour une utilisation mobile afin de s’inscrire dans le secteur des banques digitales.

Ceci dit, il est important de rappeler que les banques digitales ne sont pas, en soi, une nouveauté en France (nous pouvons par exemple citer ING Direct ou encore Boursorama, filiale de la Société Générale). Cependant, il est intéressant de mettre en parallèle l’arrivée de ces trois nouveaux acteurs et l’entrée en vigueur effective du dispositif permettant aux clients de changer de banques plus facilement.

En effet, depuis le 6 février dernier, le dispositif de l’article 43 de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dites « loi Macron », est entré en application. Celui-ci prévoit, pour n’importe quel client, la possibilité de changer de domiciliation bancaire de manière gratuite, automatisée et avec des délais raccourcis.

Ce contexte semble donc tout à fait propice à l’arrivée de nouveaux acteurs sur un marché français, historiquement sclérosé, où le consommateur est en train de retrouver davantage de libertés afin de faire jouer la concurrence. Ainsi, quand Boursorama indique constater « des rapatriements massifs de capitaux » depuis l’entrée en vigueur du dispositif, BforBank indique que « quatre nouveaux clients sur dix désirant ouvrir un compte demandent à bénéficier du service de mobilité bancaire ».

La dynamique lancée par l’arrivée de plus en plus de banques digitales et entièrement mobiles dans le paysage français et même européen, confirme que les usages et les modèles de distribution évoluent, et que les banques classiques, historiques, doivent se remettre sans cesse en question pour ne pas se faire disrupter par ces nouveaux entrants. Aussi, nous pouvons sans nul doute affirmer que le secteur bancaire français de demain sera un secteur davantage concurrentiel que celui d’hier.

Pour finir, le lecteur assidu remarquera que nous n’avons pas parlé dans cet article de toutes ces néobanques européennes (Atom Bank, Monzo, N26, Tandem, etc.), qui représentent, elles aussi, autant de menaces que d’opportunités pour ces acteurs historiques.

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