Les projets anti-gaspillage alimentaire fleurissent depuis un an

Il y a un an, le 11 Février 2016, la France votait la loi de lutte contre le gaspillage alimentaire dite loi « Garot ». Une première qui fait de la France un modèle en Europe et qui la place en 2016 sur le podium du Food sustainability index, un indice qui évalue le système alimentaire de 25 pays. Depuis le vote, bien qu’il soit encore difficile de chiffrer l’impact des mesures anti-gaspillages adoptées, force est de constater que les initiatives allant dans le bon sens se multiplient.

Diviser par 2 le gaspillage alimentaire d’ici 2025

Les chiffres soulevés par l’ADEME dans sa synthèse de l’état des lieux sur le gaspillage alimentaire en France sur une année sont édifiants :
« – L’ensemble des pertes et gaspillages alimentaires, tous les acteurs et toutes les filières alimentaires confondus, représentent en masse 10 millions de tonnes de produits perdus et gaspillés pour l’alimentation humaine
– La valeur théorique des pertes et gaspillages est évaluée à 16 milliards d’euros, soit 36% du budget dédié au paiement des intérêts de la dette française
– L’impact carbone des pertes et gaspillages est évalué à 15,3 millions de tonnes équivalent CO2, soit 3 % de l’ensemble des émissions de l’activité nationale ou encore 5 fois les émissions liées au trafic aérien intérieur. »

Pour lutter contre le phénomène, le gouvernement s’est fixé dans le cadre du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de diviser par deux le gâchis d’ici 2025. Une série de 10 mesures et 19 engagements a ainsi été adoptée. Première cible, les supermarchés. Il s’agit d’empêcher les enseignes de jeter des produits encore consommables et de rendre leurs invendus impropres à la consommation, par un éventail de solutions qui vont de la prévention au don aux associations caritatives, en passant par la transformation ou le compost. Sous peine d’amende.

Depuis un an, les initiatives de luttes contre le gâchis se multiplient

Un an après, il est encore trop tôt pour chiffrer l’impact de la loi, mais on sait que 10 millions de repas ont été distribués aux plus démunis et que plus de 5 000 nouvelles associations reconnues par l’État ont désormais le droit de distribuer les invendus alimentaires à la fermeture des magasins. Un premier point positif.

L’Ademe a consacré en 2016 un budget de 10 millions d’euros pour aider les associations qui redistribuent les denrées et les écoles à sensibiliser les élèves à la réduction du gaspillage alimentaire. Elle a lancé en partenariat avec le Ministère de l’environnement un site internet, ça suffit le gâchis, pour informer et mobiliser tous les acteurs de la chaîne alimentaire contre le gâchis.

De leur côté, pour faire la chasse au gaspillage alimentaire du producteur au consommateur, en passant par le vendeur, les entreprises et les start-up multiplient avec succès les initiatives vertueuses, développant ainsi un nouveau marché prometteur dans le créneau de la gestion des invendus alimentaires.

Voici quelques exemples de success story en France et à l’étranger :

La seconde vie des produits

La bière babylone

  • Le pain, à durée de vie très limitée, fait partie des produits les plus « gaspillés » par la grande distribution. Cela arrangerait presque Babylone, une bière belge dont le procédé de fabrication repose sur la fermentation du pain (l’équivalent d’une tranche et demie par bière). Depuis son lancement, en février 2015, 1 040 hectolitres de Babylone ont été brassés.

Le supermarché The real junk food project

  • Dans la banlieue de Leeds, ce magasin propose des produits dont la DLC approche de son terme, voire est dépassée de quelques jours. Ils sont récupérés auprès de distributeurs traditionnels, d’associations, etc. Les fondateurs veillent au bon aspect des denrées. Comme l’indique l’un deux, un produit ne devient pas mauvais après 23 h 59, quand la DLC est écoulée.

Bon et Bien

  • le « social business » Bon et Bien (partenariat entre Thomas Pocher, adhérent E. Leclerc dans le Nord, McCain et Randstad) transforme des légumes abîmés en soupes conçues par des chefs et recrute localement des personnes sans emploi.

Des produits imparfaits, mais moins chers

Lidl s’est associé aux Restos du Cœur

  • Des cagettes de fruits et légumes défraîchis ou abîmés (3 à 5 kg de produits), qui n’ont plus leur place en rayon, sont vendues 1 €, avec 50 centimes reversés à l’association.

Promouvoir les produits en fin de DLC

  • Carrefour propose des lots lorsque les produits sont à trois jours de la fin de leur DLC. Dans des bacs spécifiques, viande, charcuterie ou saurisserie sont bradées, avec deux produits pour le prix d’un.

Vendre les produits moches

  • Intermarché a frappé un grand coup en 2014 avec ses fruits et légumes moches. L’initiative a été copiée par Delhaize, et Tesco propose aussi ses produits «perfectly imperfect ». Enfin le collectif Les Gueules cassées, en partenariat avec Carrefour, est à l’origine de Tous AntiGaspi, des produits 30 % moins chers.

Quand digital rime avec antigaspillage

Les applications mobiles s’appuient sur un principe simple : mettre en relation un vendeur et un acheteur pour écouler à prix réduit une marchandise en fin de vie.

Optimiam en soutien des commerces de proximité

  • Cette appli a pour mission « d’aider les commerces de proximité à vendre leurs excédents alimentaires ». Via la géolocalisation, les utilisateurs sont informés des promotions sur les denrées proches de leur date de péremption (sandwichs, produits frais), sous forme de ventes flash exclusives. Optimiam travaille déjà avec Casino, Spar, Carrefour City et Monoprix.

Too Good To Go met en valeur les invendus

  • « Un repas dans ton assiette, un geste pour la planète. » L’accroche donne le ton. Cette appli permet aux commerçants de proposer leurs invendus juste avant la fermeture, à prix réduits. Les consommateurs s’appuient sur la géolocalisation pour trouver la bonne affaire.

 

Sources :

http://www.sudouest.fr/2017/02/22/gaspillage-alimentaire-un-an-apres-la-loi-le-boom-des-solutions-anti-gaspi-3209648-6150.php

http://www.lsa-conso.fr/le-gaspillage-alimentaire-enfin-pris-au-serieux,248616

Newsletter

Recevez notre newsletter bi-mensuelle

Commenter