CETA ratifié – Qu’est-ce que cela signifie pour l’agroalimentaire français ?

Le très contesté accord économique et commercial global, dit CETA, conclu entre l’Union européenne et le Canada a été ratifié hier, 15 février 2017, par le Parlement européen.

Pourquoi contesté ? Je vous propose de commencer par cette vidéo qui fait état des points contre cet accord.

L’occasion pour nous de revenir sur les intérêts économiques incertains que représentent ce traité pour l’agroalimentaire français avant son entrée en vigueur en avril prochain.

 

Pour les filières bovines et porcines :

Ce traité introduit notamment la suppression des droits de douane et l’extension des quotas d’importation. Pour les producteurs canadiens, c’est la possibilité d’exporter des milliers de tonnes de viandes sans droit de douane. Pour les producteurs français, c’est un risque de voir les prix chuter pour ces filières agricoles (le Modef prévoit une chute de revenus de 40 à 50 % pour les producteurs européens de bovins).

 

Pour la filière laitière :

Les perspectives françaises sont meilleures. Les exportations de produits laitiers seront doublées, à droits de douane nuls, et le Canada s’engage à protéger les appellations des produits typiques européens.

 

Pour la filière viticole et les spiritueux :

Ce traité semble également jouer en leur faveur. Le Canada est aujourd’hui le 9ème importateur de vins et spiritueux français, grâce notamment à un accord bilatéral signé en 2003 entre l’UE et le Canada. Les appellations françaises sont déjà protégées, et les tarifs douaniers supprimés pour certains produits. Le CETA va permettre de renforcer la compétitivité des produits français en supprimant les droits de douane restant, mais également en mettant en place des outils juridiques pour imposer aux monopoles d’importation et de distribution en vigueur à se mettre en règle.

 

Certaines filières peuvent donc y voir un intérêt certain. Pour les consommateurs, il y a plus de doute.

Même si de nouveaux blocages pourraient survenir d’ici avril, les 38 Parlements nationaux et régionaux de l’UE devant encore s’exprimer sur le sujet, la machine est en route : un traité européen peut entrer en vigueur provisoirement avant même que son processus de ratification ne soit bouclé.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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