Transport agroalimentaire : les technologies qui émergent et celles qui se noient

A l’occasion de la nouvelle année, que nous vous souhaitons productive et riche en succès, nous avons souhaité revenir sur quatre innovations. Elles ont marqué l’actualité 2016, et ne manqueront pas de marquer celle de 2017. Leur point commun : transformer ce croisement où se mêlent transport, agroalimentaire et désormais les technologies. Ce sont :

  • Le transport de marchandises grâce aux camions sans chauffeurs
  • La Blockchain utilisée dans le trading des matières premières agricoles
  • Les startups « à la demande » pour livrer le consommateur final
  • Les drones

 

Le transport de marchandises grâce aux camions sans chauffeurs

Si le camion autonome déchaîne moins de passions que la voiture ou le taxi autonome, cela ne l’empêche pas d’être désormais une réalité. La startup Otto (possédée par Uber) s’est ainsi associée au brasseur Anheuser-Busch pour le transport de 50 000 canettes de bière Budweiser. Le voyage de 120 miles (environ 195 km) s’est fait à bord d’un camion Volvo Trucks, modernisé pour l’occasion grâce à un kit coûtant environ 30 000 $, et permettant à un modèle existant de se conduire seul sur les routes américaines.

Dans la liste des bénéfices attendus par le brasseur : moins d’accidents, une consommation plus efficiente de carburant et des émissions réduites de CO2 grâce au style de conduite programmé, et une amélioration du taux d’utilisation de sa flotte de camions, notamment en réponse à une pénurie de chauffeurs aux Etats-Unis.

Le premier transport de marchandises sans chauffeur au monde, en vidéo

 

La Blockchain utilisée dans le trading des matières premières agricoles

Autre première mondiale, les banques Commonwealth Bank of Australia et Wells Fargo ont réalisé une transaction innovante en négoce international à l’aide de la Blockchain.

Aussi impressionnant que cela puisse paraître, il ne s’agit que d’un classique transport de coton par bateau. Les différentes technologies utilisées permettaient de confirmer la position géographique des matières premières (avec des capteurs IoT), ce qui déclenchait automatiquement des paiements (avec la Blockchain et ses « smart contracts ») en fonction des conditions du contrat – reproduisant ainsi le fonctionnement d’une lettre de crédit.

Pour une industrie agroalimentaire de plus en plus proche des marchés financiers (nous avons par exemple exploré leurs liens dans cet article), la perspective d’automatiser les procédures complexes du négoce international est attrayante. Elle permettrait de réduire les coûts de transaction et le risque d’erreur ou de fraude.

 

Les startups « à la demande » pour livrer le consommateur final

En contre-pied de ces succès, on peut se demander si le temps de la désillusion est arrivé pour les startups « à la demande », qui vous proposent en quelques clics de vous livrer vos repas (Allo Resto, Foodora, Deliveroo, UberEATS, DoorDash, Munchery) ou vos courses (FreshDirect, Instacart, PeaPod).

Des données publiées par Reuters montrent que l’intérêt pour le secteur se réduit fortement parmi les fonds américains de capital risque. Sur 2,5 Mds $ investis en 2016, 1,9 Mds $ l’ont été durant le premier semestre. Le 4ème trimestre est, quant à lui, réduit à une véritable peau de chagrin avec seulement 50 M $ investis.

En cause : un secteur confronté à une forte concurrence, des marges faibles, de forts besoins en capitaux et de nombreux défis opérationnels. Tous ces facteurs ont poussé plusieurs startups, comme Munchery ou Instacart, à chercher un business model plus rentable. D’autres comme Take Eat Easy ont plus simplement choisi de déposer les armes.

 

Les drones

Tout espoir d’innovation n’est cependant pas perdu pour livrer le consommateur final. Pour les drones, 2016 a été l’année de la concrétisation. Les annonces de livraisons sans intervention humaine se sont multipliées : 7-Eleven aux Etats-Unis, Amazon au Royaume-Uni, ou encore Domino’s Pizza en Nouvelle-Zélande.

Le principal avantage attendu est une livraison rapide, y compris dans des endroits éloignés ou d’accès difficile – pensez à une grande ville durant un pic de circulation. Amazon annonce 13 minutes du clic à la livraison sur son premier essai, tandis que 7-Eleven mesure une moyenne de moins de 10 minutes sur 77 vols. Les pizzas Domino’s (notons qu’elles sont livrées chaudes) sont ainsi représentatives des opportunités qu’offrent les drones pour les produits frais, locaux ou à la demande.

L’évolution des réglementations reste le principal obstacle à une adoption plus large,  mais d’ici là les idées ne manquent pas : Amazon a par exemple déposé un brevet décrivant un centre de distribution aérien pour drones. Ou en d’autres termes : un entrepôt placé dans un dirigeable.

Illustration extraite du brevet Amazon : « airborne fulfillment center »

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