Cop21 pour le transport de voyageurs : weave poursuit la démarche

Le 22 mars 2016, nous avions publié un article sur les engagements des industriels du transport dans le cadre de la Cop21. Suite à celui-ci, Christine Benard, ancienne directrice scientifique de Michelin, a sollicité Weave afin de l’accompagner dans l’animation d’un séminaire intitulé : « Changements climatiques, développement durable : que font les grandes entreprises du transport et du bâtiment ? ».
Le séminaire eut lieu le 1er décembre, à l’EPSCI. Pierre du Payrat, associé Industrie, fut chargé d’animer un atelier sur les évolutions du secteur automobile.

 

Cet atelier donna lieu à deux heures de débats très riches, avec des intervenants venus de grands groupes industriels :

Deux thèmes furent au centre des échanges des intervenants et du public : l’évolution du marché des véhicules de particuliers et la route du futur.

 

Le marché du véhicule de tourisme (ou véhicule de particuliers) est traversé par un bouleversement sans précédent, qui fait apparaître de nouvelles formes de mobilités et de nouveaux véhicules, plus écoresponsables

Cette révolution bouleverse l’ensemble de la chaîne de valeur automobile et se matérialise par :

  • L’avènement de nouveaux services de mobilité (notamment par le développement d’applications mobiles)
  • Le véhicule électrique
  • La conduite autonome
  • La connectivité

La mise en œuvre conjointe de ces nouvelles technologies permet de repenser totalement le véhicule de demain et d’apporter de nouveaux bénéfices, au regard de l’environnement (baisse de 80% des émissions de pollution) et de la sécurité des passagers (réduction de 90% des accidents).

(source : Etude BCG « Self-Driving Vehicles, Robo-Taxis, and the Urban Mobility Revolution”, objectifs pour 2030).

 

  

Le véhicule électrique devient un incontournable pour tous les constructeurs automobiles et sera la clé de voute d’une mobilité plus écologique

  • Entre 1850 et 1900, la découverte de l’électromagnétisme permet l’apparition des premières voitures électriques dans les courses automobiles
  • Entre 1975 et 2000, les premiers chocs pétroliers relancent le véhicule électrique comme alternative mais les verrous technologiques empêchent son développement
  • Depuis 2010, le véhicule électrique s’est imposé sur le marché automobile comme une alternative indispensable pour répondre aux enjeux de demain, notamment écologiques. Aujourd’hui plus un seul grand constructeur au monde ne l’a intégré dans son plan produits.

 

Néanmoins c’est un marché qui reste encore très limité (1% des ventes d’automobiles neuves en France) et qui est largement soutenu par les politiques étatiques (réglementations, subventions).

En Europe, la France et la Norvège sont les pays les plus moteurs sur le véhicule électrique.

Toutes les conditions sont réunies pour que le véhicule électrique se développe de manière accélérée dans l’offre automobile de demain :

  • La technologie progresse rapidement, les verrous technologiques devraient être considérablement levés d’ici 3 à 5 ans (autonomie des véhicules, temps de recharge et coût des batteries)
  • Les politiques volontaristes mises en place pour inciter à l’utilisation des véhicules électriques (autolib’, avantage fiscaux…) continueront à s’intensifier demain (par exemple en Chine où 12% des ventes de véhicules seront électriques en 2020)
  • Les constructeurs sont contraints de développer l’offre électrique pour tenter de respecter les normes très ambitieuses, effacer les augmentations d’émissions de CO2 sur leurs gammes classiques et accompagner le développement du véhicule autonome
  • Les clients sont moins réticents au changement vers ce type de motorisation (cf diesel gate de Volkswagen, satisfaction à l’usage…), en milieu urbain mais plus étonnement aussi en milieu rural à cause de la difficulté à trouver des stations essences dans certaines zones isolées

 

Si le véhicule électrique est une réponse clé aux enjeux de développement durable, il suffira difficilement pour atteindre les objectifs fixés par le Parlement Européen (un maximum de 95g/km d’émission de CO2 en moyenne pour 2020) et par la COP21, de par :

  • Le développement des motorisations essence qui émettent environ 20% CO2 de plus que le diesel
  • La mise en place de normes de test plus sévères, qui augmentent la part d’émissions prise en compte dans le calcul (+15-20% d’émission de CO2 sur le plan produit actuel)
  • Le développement des modèles SUV plus polluants

Pour atteindre l’ensemble des objectifs, il faudra donc prendre en compte la chaîne de valeur de la mobilité de bout en bout : la construction du véhicule, ses usages, le mix énergétique utilisé (du puits à la roue) et les infrastructures.

 

La route et ses infrastructures participent aussi pleinement à cette transformation pour accompagner les mutations de l’industrie automobile et  intégrer les enjeux environnementaux

 

Les routes traversent également une mutation profonde et sans précédent, bien qu’encore assez peu visible du grand public.

Commençons par un peu d’histoire. Les routes de 1ère génération furent des chemins et sentiers, apparus dès la sédentarisation des hommes. Ensuite les Via Appia (voies pavées romaines) ont été créées par les romains, au IVe siècle avant JC. La route moderne, ou route 3e génération, fut inventée à la fin du XVIIIe siècle par M. MacAdam, ingénieur écossais, qui développa un matériau constitué de terre et de graviers agglomérés.

La route 4e génération, l’autoroute, apparait au XXe siècle sur un modèle à 3 variables indépendantes : Véhicule – Infrastructure – Conducteur. Son bilan global est mitigé (sécurité, consommation d’énergie…) et elle semble bien inadaptée aux enjeux futurs.

 

La route 5ème génération est en train d’émerger pour le XXIème siècle. Elle fait l’interface entre Véhicule – Infrastructure – Information – Energie. Les industriels l’expérimentent aujourd’hui. Elle sera :

  • plus écologique (réduction de la consommation des ressources non renouvelables, réduction de la production de Gaz à effet de serre, innovation verte et recyclage des matériaux, amélioration de la santé publique…)
  • connectée (prévision du trafic, communication avec les véhicules…)
  • et même capable dans un avenir plus lointain de produire et/ou délivrer de l’énergie (photovoltaïque, piézoélectrique et thermique)

Les premières expérimentations sont actuellement lancées par différents industriels (par exemple Colas, qui a réalisé la première application de la Wattway, premier revêtement photovoltaïque routier au monde, et qui inaugure ce jeudi 22 décembre 2016 le premier tronçon d’1km de route solaire).

Néanmoins ces expérimentations ne sont encore parfois qu’à un stade de projet et doivent surmonter de nombreux freins, sur des sujets très divers :

  • économiques: les coûts d’investissements pour la construction de ces routes sont considérables et difficilement imaginables sur toute la planète. De nouveaux modèles économiques doivent donc être élaborés
  • techniques: des solutions techniques doivent être choisies de manière pérenne
  • environnementaux: la totalité du cycle de vie doit être travaillée pour assurer un progrès réel. Par ailleurs et de manière plus anecdotique, une application telle que la route chauffante, bénéfique pour la sécurité des usagers, peut s’avérer néfaste pour l’environnement en attirant la faune sur la chaussée
  • politiques: afin d’impulser massivement le développement de ces routes une forte volonté politique est nécessaire et des coopérations public – privé doivent être animées
  • gestion de l’innovation: le cycle actuel est beaucoup plus rapide et nécessite de casser le modèle R&D linéaire du passé

 

En synthèse, une révolution sans précédent secoue l’ensemble de la chaîne de valeur de l’automobile et de la route. Cela oblige à repenser la mobilité de demain, notamment pour faire face aux défis environnementaux. Les initiatives comme la COP21 permettent d’accélérer le mouvement sur le terrain réglementaire international et de sensibiliser le grand public, les politiques et les entreprises, pour une mobilité nécessairement plus durable et ce, dès aujourd’hui.

 

Retrouvez notre présentation et celles des intervenants via le lien suivant

 

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