Imaginez une ville sans aucune émission carbone, une ville dans laquelle les véhicules roulant aux énergies fossiles seraient interdits, une ville dans laquelle tous les bâtiments aux toits végétaux seraient équipés de panneaux numériques régulant notre consommation, une ville dans laquelle chaque foyer serait équipé de réfrigérateurs intelligents capables de contrôler les stocks et d’effectuer des commandes à domicile en autonomie, une ville dans laquelle il serait possible de faire ses consultations médicales depuis chez soi. Est-ce surréaliste ?

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, ces villes et quartiers sont bel et bien réels : Stockholm Royal Seaport, projet de quartier « zéro carbone » à plus de 9 milliards d’euros d’investissements, proposera d’ici 2030 12000 logements et 35000 m2 de locaux commerciaux ; Song Do, projet de ville connectée de Corée du Sud à plus de 30 milliards de dollars d’investissements, pourra accueillir 300 000 salariés et 65 000 habitants d’ici 2018. Ces villes futuristes proposeront également beaucoup d’autres options connectées dont un système de traitement des déchets ultra performant capable d’aspirer les déchets et de les envoyer à 70km/h vers une cuve de biogaz, un centre de recyclage ou un incinérateur, tout en créant de la chaleur qui sera réinjectée dans le réseau de chauffage des bâtiments.

Cependant, Stockholm Royal Seaport et Song Do restent deux exceptions. En effet, depuis le début des années 2010, un engouement mondial a propulsé le concept de « Smart City » en tant que nouvel horizon urbain, mais où en est-on actuellement ? Il est aujourd’hui encore difficile de s’approprier ce concept de « Smart City » qui a déjà créé de l’enthousiasme mais aussi des réticences. Une « Smart City » serait, dans sa définition la plus large, une ville intelligente capable de relier toutes ses activités à une stratégie commune dans laquelle le citoyen est acteur, une ville où le niveau de vie et la productivité des habitants sont améliorés par l’utilisation de la technologie et de l’information. Néanmoins, les craintes liées au concept de Smart City ne sont pas inexistantes. La sécurité des données se doit d’être exemplaire puisqu’une mauvaise utilisation de ces données collectées pourrait rapidement conduire à des dérives ; la vie personnelle se doit d’être protégée.

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Eléments de la « Smart City » (Ibm.com, 2016)

 

La « Smart City » aujourd’hui en France.

Aujourd’hui en France il existe quelques réalisations concrètes qui illustrent le concept de « Smart City ». A Nantes par exemple, l’application mobile « Nantes dans ma poche », connectée à tous les services de la ville, simplifie le quotidien de tous les usagers de la métropole nantaise en proposant des services personnalisables et actualisés en temps réel. A Montpellier, IBM a ouvert en 2010 le troisième centre européen d’excellence de gestion de l’eau. Ce projet, intitulé « Smarter Water » permet à la ville de Montpellier de surveiller et prédire l’impact du changement climatique et des fortes intempéries sur les ressources en eau. Avec ce projet, IBM démontre la performance du Big Data appliqué à l’eau. A Issy-les-Moulineaux, l’éco-quartier du fort numérique est connecté depuis 2012 à Issy Grid, premier réseau d’énergie intelligent construit à l’échelle d’un quartier. Issy Grid gère la production et la consommation des énergies renouvelables mais aussi leur stockage, afin d’assurer une gestion optimale et intelligente de l’énergie. De nombreux autres projets « Smart city » ont déjà été développés en France et à travers le monde.

 

Vers la « Smart City », tout s’accélère.

Ainsi, bien que le chemin vers la ville intelligente et connectée soit assez long et tortueux, on peut noter une nette accélération ces dernières années. En effet, le pilotage des données devient de plus en plus facile pour les consommateurs notamment grâce à l’utilisation des smartphones. De plus en plus d’objets connectés émergent et pour fonctionner ces derniers doivent pouvoir interagir de manière autonome. Le développement de l’IoT (« Internet of Things » ou encore « Internet des objets »), réseau de réseaux permettant par des systèmes d’identification complexes de transmettre des données entre objets physiques et réels, est donc indispensable. Le réseau Sigfox,  actuellement le plus grand écosystème IoT du marché, est en effet en train de s’imposer comme un standard. Les technologies du Big Data et du cloud computing ont permis une croissance exponentielle des capacités de traitement et de stockage des données. La ville se transforme et tend de plus en plus à lier le développement urbain au développement humain.

 

Les interrogations laissées en suspens.

La technologie permet donc d’accélérer le développement de la « Smart City ». Il s’agit maintenant de savoir quels seront les acteurs de ce développement et quelles seront les business modèles émergeants. Actuellement il paraît évident que seule la logique de collaboration en écosystème permettra de trouver et de partager la valeur. La digitalisation remet en cause le modèle des grands groupes centralisés ; les partenariats deviennent indispensables pour le développement d’objets connectés. Dans ce contexte, on peut citer Londres qui participe en 2016 au « Smart City Challenge », organisé par IBM, ayant pour but de récompenser les entrepreneurs et les développeurs qui relèveront les plus grands défis londoniens par l’utilisation du cloud ou de l’IoT ou encore le groupe énergétique ENGIE, qui anime et développe depuis plus de deux ans un écosystème de partenaires digitaux, notamment sur le thème de la ville intelligente.

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