Le Big Data dans la Supply Chain : miracle ou mirage ?

Les acteurs du Transport et de la Logistique, comme tous ceux de l’économie,  sont bousculés par les transformations induites par le Digital. Nouveaux usages, nouveaux entrants, nouvelles technologies  génèrent des réflexions permanentes, font redouter de nouvelles menaces, ou laissent espérer de formidables opportunités. Le Big Data suscite en particulier de nombreux espoirs parmi les acteurs du secteur, mais présente également de lourdes difficultés dans ses applications pratiques.

Dans le domaine de la Supply Chain, le Big Data fait l’objet de débats passionnés parmi les professionnels. Comment valoriser la formidable quantité de données mise à disposition par la multiplication des terminaux mobiles, ou encore par les objets connectés qui voient leur coût décroitre substantiellement grâce aux nouvelles technologies réseaux ?

Les acteurs du Transport B2C par exemple, sont confrontés à de nouveaux enjeux de suivi temps réel, d’optimisation des itinéraires intégrant des informations concernant les aléas, de personnalisation des services, ou même de « livraisons prédites »  : peut-on imaginer de livrer demain un colis, non pas à l’adresse postale de son destinataire, mais aux coordonnées GPS transmises par un smartphone ? Peut-on améliorer substantiellement la fiabilité des livraisons en simulant des aléas sur une base de données statistiques ? Comment intégrer ces nouveaux services, à la fois mieux personnalisés, et beaucoup plus sophistiqués  dans une logique industrielle ?

Alors que la tendance est à un accroissement incessant de la production d’information (le cabinet américain International Data Conseil estime que ce volume sera multiplié par 10 entre 2013 et 2020), les possibilités semblent immenses, mais de nombreux problèmes se posent. Les acteurs de la Supply Chain, chargeurs,  transporteurs, logisticiens, freight forwaders, fonctionnent encore dans un environnement extrêmement segmenté, ce qui rend l’accès et la consolidation des données complexes. De nouvelles plateformes misent sur le collaboratif, et sur le partage de la valeur ajoutée issue de la mise en commun des données, pour inciter ces acteurs à mieux partager les données, par ailleurs de plus en plus considérées comme un actif stratégique de l’entreprise. Et au-delà de ces difficultés, la quantité, l’hétérogénéité, la multiplicité des données disponibles constituent en soi une gageure pour « extraire » la valeur ajoutée. Vincent Puig, président de l’Institut de Recherche International, n’hésite plus à parler d’ « herméneutique du web », en référence à l’interprétation des textes religieux souvent pour le moins sibyllins. Gageons que le Big Data, après ces belles promesses, ne devienne pas une Tour de Babel…

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