Foodtech, cours des matières premières et fusions, l’actualité agroalimentaire en bref

viande-artificielle-realite-ou-fictionViande artificielle : réalité ou fiction ?

C’est le défi que s’est lancé la biotech israélienne SuperMeat : produire à compter de 2021 de la poitrine de poulet (deuxième viande la plus populaire au monde après le porc), qui serait artificiellement créée à partir de cellules animales.

Le procédé permet de produire de la viande biologiquement identique à la viande issue d’élevage en ferme en utilisant des techniques régénératives. Le principe consiste à prélever des cellules sur un poulet par biopsie pour les faire ensuite proliférer afin d’atteindre l’état de viande.

Le prix ? Entre 1 et 5 dollars le kilo. La société met en avant de nombreux autres avantages tels que la réduction de 99 % de l’utilisation de terres cultivées, l’économie de 96 % en eau et la diminution de 99 % des gaz à effet de serre.

Les créateurs de SuperMeat ne sont pas les seuls à relever le défi : lors de l’exposition universelle de 2015, le pavillon néerlandais a présenté le projet « cultured beef » mené par l’équipe du professeur de chimie Mark Post de l’Université de Maastricht, soutenu par Google. Le principe en vidéo :

Ou encore la start-up Impossible Food qui a développé un Burger sans viande.

 

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Augmentation du cours de l’orge : quelles conséquences pour les industriels du malt ?

L’Hexagone est le principal producteur de malt en Europe, avec des champions mondiaux comme le groupe Soufflet et Malteurop (Vivescia). La production française, outre les fourrages, est utilisée principalement pour la bière. Or, avec les fortes pluies et le manque de soleil en avril et mai, la récolte d’orge, utilisée pour faire le malt, devrait chuter de 22 % en France cette année, avec pour conséquence une augmentation de 15 à 20 % du prix de la matière première. Après avoir atteint plus de 210 euros la tonne, le cours est aujourd’hui à 200 euros contre environ 180 euros avant la crise.

Pas d’inquiétude toutefois, car la France est traditionnellement excédentaire. Elle va conserver une partie de ses volumes pour faire tourner ses usines de malt. « Ce qui était destiné à l’exportation au-delà de l’Europe va satisfaire cette année le marché intérieur, indique Romain Chiron, directeur des achats de matières premières du groupe Malteurop. Pour la Chine, qui achetait beaucoup d’orge d’hiver ces dernières années, ce sera zéro ». Au total, quelque 800.000 tonnes, jusque-là destinées aux pays tiers (hors CEE) devraient rester dans l’Hexagone pour faire tourner les entreprises.

Il reste à savoir si les brasseries vont à leur tour faire grimper les étiquettes dans les rayons. Peu probable, jugent les professionnels. « Le coût du malt dans le produit fini est faible, note Christophe Passelande le directeur général Malteries du groupe Soufflet. Depuis dix ans, les fluctuations à la baisse ou à la hausse du malt, n’ont jamais eu de répercussions sur le prix de la bière ». De plus, les cours de l’orge restent bas au niveau mondial, d’où la possibilité pour les grands brasseurs comme Carlsberg d’amortir la hausse française.

Actualité agroalimentaire en bref - Process de maltage

Source : http://www.soufflet.com

 

a-quand-une-taxe-sur-lhuile-de-palmeA quand une taxe sur l’huile de palme ?

Cet été, pour la troisième fois depuis 2012, les députés français ont renoncé à taxer ce produit très décrié dans l’Hexagone, sa culture ayant entraîné une déforestation massive. Les deux premiers producteurs mondiaux, l’Indonésie et la Malaisie, exercent un lobbying intense et agissent pour redorer l’image de l’huile de palme en Europe.

L’Etat français s’est fixé comme objectif de proposer dans les mois à venir une remise à plat de l’ensemble de la fiscalité sur les huiles végétales. « La première taxe a été créée dans les années 1970, le système est aujourd’hui complètement obsolète », lance Razzy Hammadi. Le député travaille depuis plus d’un an sur la refonte de la fiscalité des produits alimentaires avec pour principe une « fiscalité écologique ».

La Malaisie, de son côté, ne veut pas entendre parler de taxe. Elle juge la mesure « discriminatoire » et « injuste » pour son industrie de la palme qui fait vivre plus d’un million de personnes. Elle craint en outre que d’autres pays européens soient tentés de suivre le mouvement. Elle est donc venue rappeler à Paris la « solide amitié » qui lie les deux pays, et le fait que « la France est l’un de ses plus gros partenaires commerciaux ». En matière d’armement, par exemple, Kuala Lumpur s’est placé en 2015 au huitième rang des plus gros clients de la France.

Cette pression diplomatico-commerciale et ce lobbying intense ne sont pas nouveaux. Au début de l’année, l’Indonésie avait ainsi dénoncé une proposition de loi « arrogante » qui mettait « en danger les relations entre les deux pays ». Selon le député Nicolas Dhuicq, Djakarta a fait planer sur la France des menaces de  « rétorsions économiques, notamment sur des achats d’Airbus et de satellites ». En mars, l’Indonésie a fait appel à un cabinet d’avocats parisien pour souligner l’intérêt économique et social de la ressource : 11 % du PIB indonésien et 16 millions d’emplois sont en jeu.

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la-naissance-dun-nouveau-geant-de-lagricultureBayer et Monsanto : la naissance d’un nouveau géant de l’agriculture

Un géant de l’agriculture est né. Le Conseil d’administration de Monsanto, le Directoire de Bayer et le Conseil de surveillance de Bayer ont approuvé l’accord à l’unanimité : le groupe allemand Bayer rachète Monsanto pour un montant de 66 milliards de dollars, soit 59 milliards d’euros.

« Nous sommes ravis d’annoncer la fusion de nos deux grandes entreprises. Il s’agit d’une étape importante pour notre activité Crop Science, qui renforce le leadership de Bayer comme société innovante spécialisée dans les Sciences de la vie avec une position dominante dans ses segments clés. Cette opération apporte une valeur ajoutée considérable aux actionnaires, à nos clients, aux employés et à la société dans son ensemble », a déclaré Werner Baumann, CEO de Bayer AG. L’opération permettra également le regroupement des principales capacités d’innovation et des plates-formes de technologie R&D des deux entreprises, avec un budget en R&D annuel d’environ 2,5 milliards d’euros.

Le chiffre d’affaires de l’entreprise agricole issue de la fusion atteignait les 23 milliards d’euros en 2015. Cette nouvelle entreprise fusionnée sera bien positionnée pour jouer un rôle clé dans l’industrie agricole et présentera un potentiel significatif de croissance à long terme.

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