Google explore les données de santé au Royaume Uni

Deepmind, société spécialisée en Intelligence Artificielle et propriété de Google depuis 2014 a désormais accès aux données médicales des patients britanniques. Le but étant  de faciliter et accélérer les processus de décisions médicales et de diagnostics, à travers une future plateforme baptisée « Patient rescue » (« Sauvetage des patients »). Patient Rescue utilise les flux de données des hôpitaux pour construire d’autres outils, en plus de Streams, qui pourraient procéder à une analyse en temps réel des données cliniques. DeepMind ne prévoit pas d’automatiser les décisions cliniques mais veut soutenir les médecins en faisant des prédictions basées sur de très grands volumes de données (trop larges pour une analyse manuelle). En comparant les informations d’un nouveau patient avec des millions d’autres cas, Patient Rescue pourrait, par exemple, être en mesure de prévoir s’il est au premier stade d’une maladie, pas encore symptomatique. Les médecins pourraient ensuite exécuter des tests pour voir si la prédiction est correcte.

La volonté de soutenir les médecins en leur apportant une expertise technique pour les aider à soigner le mieux possible leurs patients est indéniable. Cependant, les données de santé recueillies par Google à cet effet restent des données très sensibles, ce qui a donné naissance à une véritable polémique au Royaume Uni. L’accès à des informations telles que le recours à un avortement ou le statut VIH des patients concernés inquiète l’opinion publique.

La revue New Scientist a d’ailleurs publié un article détaillant le contenu de l’accord entre Google DeepMind et le Royal Free NHS. L’accord donnerait accès à DeepMind à un large éventail de données de santé sur les 1,6 millions de patients qui passent par trois hôpitaux de Londres, dirigés par le Royal Free NHS Trust – Barnet, Chase Farm et le Royal Free – chaque année. Il s’agirait notamment d’informations sur les personnes qui sont séropositives, ainsi que les détails sur les overdoses et les avortements. L’accord comprend également l’accès aux données des patients des cinq dernières années avec noms et photos. Cependant, l’accord stipule aussi que Google ne peut pas utiliser les données dans une autre partie de son activité. Les données elles-mêmes sont sauvegardées au Royaume-Uni par une tierce partie mandatée par Google, pas dans les bureaux de DeepMind. DeepMind est également obligé de supprimer sa copie de données lorsque l’accord arrivera à expiration fin septembre 2017.

Cette polémique britannique n’est qu’un reflet des problématiques engendrées par le mariage Santé/Big Data. Des pistes de réflexion autour du sujet sont lancées dans plusieurs pays européens, dont la France. En France, les données de santé restent des données extrêmement sensibles et extrêmement sécurisées. Elles sont anonymisées pour préserver les patients. Ce besoin d’anonymat peut paraître contraignants (une prédiction devrait permettre de revenir vers le patient pour suivre son cas) mais il reste nécessaire pour le moment.

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Sources :
http://www.beckershospitalreview.com/healthcare-information-technology/google-s-deepmind-wants-to-bring-ai-learning-to-healthcare-within-5-years.html
http://uk.businessinsider.com/googles-deepmind-tried-to-justify-why-it-has-access-to-millions-of-nhs-patient-records-2016-5
http://techcrunch.com/2016/06/08/nhs-memo-details-googledeepminds-five-year-plan-to-bring-ai-to-healthcare/
http://futurism.com/googles-ai-for-healthcare-is-making-strides-in-the-london-nhs/

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