data sur smartphone avec un logo apple

Des robots se font  violenter mais restent toujours debouts  sur leurs pattes d’après la dernière vidéo  postée par  Boston Dynamics, le laboratoire spécialisé dans la robotique à usage militaire et propriété de Google, et  le FBI se dresse contre Apple et fait le forcing pour s’attaquer à son  trésor de guerre, id est nos données, non l’arrivée de Skynet n’est pas encore annoncée mais on pourrait croire que cela est pour bientôt. Oui, le FBI (avec le retour en plus de Mudler et Scully en ce début 2016) entre en guerre contre un GAFA pour l’obliger à lui donner accès à ses données.
C’est drôle, il y a encore 5 ans cela ne nous serait jamais venu à l’idée que deux entités aussi puissantes et présentes dans notre inconscient puissent un jour s’affronter. Mais en s’y penchant de plus près, en 2016, on s’aperçoit que ce genre de confrontation apparait aujourd’hui inévitable tellement les entreprises de technologies sont devenues puissantes et omniprésentes dans nos vies quotidiennes. Un organisme de protection civile face à une entreprise privée qui fabrique des micro-ordinateurs et autres appareils high Tech. Pire, le premier qui demande de l’aide au second pour résoudre une affaire. Alors que cela devrait être tout l’inverse !

Car c’est bien de cela qu’il s’agit; dans le cadre de l’enquête suite à la tuerie le 2 décembre dernier de San Bernardino en Californie et dans laquelle 14 personnes ont été tuées, le FBI a demandé à Apple le déchiffrement des données de l’iPhone de l’un des terroristes retrouvé sur place. Plus concrètement, le FBI a demandé à Apple de lui développer et concevoir spécialement un programme lui permettant de déverrouiller l’iPhone afin de pouvoir accéder aux informations personnelles qu’il renferme.
Le FBI fonde sa demande sur un texte de loi : All Writs Act.
Ce texte, qui ne compte que deux articles, a été voté en 1789 et permet aux autorités de demander de l’aide à une entreprise (ou une personne physique).
Mais la dernière modification de ce texte date de…1977, et l’iPhone a été créé et lancé en Janvier 2007. Soit 30 ans de différence.

Apple a choisi de rendre publique cette affaire car elle considère que cela est trop sensible et concerne tout le monde – et sans doute par la même occasion forcer la main en ralliant à sa cause l’opinion publique. Corporatisme oblige (et business model similaire sans doute aussi) la marque à la pomme a reçu le soutien de ses concurrents Google (via son CEO, Sundar Pichai) et Microsoft, de Mark Zuckerberg, Whatsapp,  Amazon, Square (via son CEO, Jack Dorsey), Firefox mais aussi d’Edward Snowden…

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Google and Apple, once enemies, unite thanks to the FBI - Google Chrome_2

Cependant,  elle doit aussi faire face aux critiques de Donald Trump ….mais surtout elle ne semble remporter l’adhésion publique :  sur un échantillon de 1 000 Américains, 51 % des personnes interrogées sont pour le déblocage de l’iPhone et 38 % soutiennent la démarche du géant américain – selon un sondage du Pew Research Center.

Donald_J__Trump_on_Twitter___Boycott_all_Apple_products_until_such_time_as_Apple_gives_cellphone_info_to_authorities_regarding_radical_Islamic_terrorist_couple_from_Cal_

Plus récemment, même si un juge de New York a donné raison à Apple dans une affaire similaire à celle qui l’oppose au FBI en stipulant que l’All Writs Acts ne pouvait s’appliquer pour justifier le piratage du smartphone d’un suspect et que cela allait à l’encontre des principes constitutionnels , cette première victoire peut rester symbolique et ne parvient pas à régler la question pour le moment.

L’affaire est toujours en cours et risque d’ailleurs de durer un petit moment alors qu’Apple affronte là sa plus importante opération de communication depuis sa création. L’enjeu est énorme et peut valoir jurisprudence pour le futur, dans d’autres affaires…ce qui serait un comble pour une chose publique qui concerne tout un chacun. Pourquoi est-ce qu’une société privée comme Apple et un organisme public comme le  FBI seraient les seuls à débattre si les données personnelles peuvent être accessibles ou non – sans passer par une approbation du public en faisant appel à un débat démocratique ?
Car finalement, il ne s’agit ‘que’ de cela : les données personnelles et leurs usages. Encore et toujours. So who’s the king ?

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