Lutte contre le financement du terrorisme, rachat de Visa Europe par Visa Inc., annonce du plan « client 2020 » de la Société Générale

1.Dans le contexte post-attentats du 13 Novembre, Michel Sapin et l’ACPR rappellent conjointement l’importance de la lutte contre le financement du terrorisme

La conférence ACPR du vendredi 20 novembre s’est déroulée en plein contexte post-attentats du 13 novembre à Paris. François Villeroy de Galhau a souligné le rôle déterminant de l’autorité qu’il préside dans la lutte contre le financement du terrorisme et n’a pas hésité à parler de son rôle de « gendarme » dans le contrôle des pratiques commerciales des organismes financiers.

Cette annonce est renforcée ce lundi par la présentation de nouvelles séries de mesures de lutte contre le financement du terrorisme par Michel Sapin, qui vise entre autre à encadrer davantage les cartes bancaires prépayées, utilisées dans la préparation des attentats du 13 novembre.

Lors de la conférence de vendredi, l’ACPR et Tracfin, organisme de renseignement dépendant de Bercy et chargé de la lutte contre le blanchiment, ont annoncé vendredi la publication de nouvelles lignes directrices conjointes (qui se substituent aux précédentes publiées en juin 2010) sur les obligations de vigilance et de déclaration de soupçon auxquelles sont tenus les organismes financiers.

Cette déclaration de soupçon, définie par l’article L 561-15 du code monétaire et financier, s’applique non seulement aux espèces mais aussi en cas de transfert d’or, de sommes, titres ou valeurs et de moyens de paiement […]. Elle s’applique même lorsque le transfert de valeurs a lieu par voie postale », comme l’explique Bercy. Si cela ne couvre aujourd’hui pas le Fret, une modification du code monétaire et financier est prévue dans ce sens au cours du 1er trimestre 2016.

[La Tribune][Les Echos][Boursier.com]

2.Visa Inc. rachète pour plus de 21 milliards d’euros Visa Europe et pose la question de la stratégie européenne en matière de moyen de paiement.

L’émetteur de cartes bancaires Visa Europe, actuellement détenu par un large regroupement de banques européennes dont HSBC, Barclays ou encore BNPP, va être racheté par l’Américain Visa Inc., pour un peu plus de 21 milliards d’euros.

Depuis 2007 et l’introduction en bourse de Visa Inc., l’entité détenue pour environ 3000 banques européennes opérait seule sur le sol européen grâce à une licence  « exclusive et irrévocable ». Mais ce rachat intervient alors que les banques européennes font face à la nécessité de renforcer leur fonds propres et soulève la problématique de protection des données ; il est concomitant à l’invalidation par la cour de justice européenne du mécanisme « Safe Harbor » qui encadrait jusqu’alors le transfert des données personnelles européennes vers les entreprises aux Etats-Unis.

Avec ce rachat, des données de paiement, extrêmement stratégique, vont partir vers les entreprises aux Etats-Unis. Si aujourd’hui, la question de l’encadrement de ces données n’a pas de réponse, cela soulève plus globalement la position des institutions européennes face aux moyens de paiement.

Comme l’indique Jérôme Traisnel, fondateur de Slimpay et président de l’Association française des établissements de paiement et de monnaie électronique, « Il semble que l’Union européenne ait parié sur un saut technologique en faisant la promotion de solutions de paiement alternatives à la carte bancaire, plus adaptées aux nouveaux usages ». En témoignent la mise en place de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ou encore le vote en octobre de la 2ème directive sur les services de paiements (DSP2).

Si la carte bancaire reste omniprésente autant dans nos habitudes de consommation que dans la stratégie nationale de paiement, Jérôme Traisnel rappelle que 90% des discussions au cours des assises des moyens de paiements le 2 juin dernier étaient dédiées aux moyens de paiement alternatifs.

[Cbanque][Le Figaro]


3.La Société Générale repense la relation client avec l’annonce du plan « client 2020

Société Générale a annoncé vendredi un vaste plan de réorganisation visant à acquérir 100 000 nouveaux clients par an dans les années à venir, alors que le groupe a prévu de fermer 400 agences d’ici 2020.

Ce plan intervient alors que Bain & Company fait le constat que « l’agence d’aujourd’hui est obsolète » dans son sixième rapport annuel sur le comportement des usagers des banques de détail. Selon cette étude menée dans 17 pays, les usagers bancaires qui privilégient les canaux numériques sont plus fidèles à l’enseigne que ceux qui fréquentent les agences et « une visite en agence bancaire pour une interaction liée à une vente ou à un service a près de 40% plus de chance de mécontenter».

Société Générale rappelle que la fermeture de certaines agences de son réseau ne l’a pas empêchée d’acquérir quelques 130 000 nouveaux clients revendiqués (hors réseau Crédit du Nord et Boursorama).

Le groupe bancaire semble accepter le constat  de Bain & Company et comprendre la réalité de la révolution numérique ; via sa réorganisation, il souhaite « réinventer une relation de proximité avec le client en alliant le meilleur de l’humain et du digital ».

Pour pallier la fermeture d’agences, des points de libre-service, accessibles 7 jours sur 7 et des nouveaux espaces plus vastes et plus spécialisés verront le jour dans les grandes villes. La rationalisation des réseaux du groupe bancaire permettra de développer un conseil focalisé sur l’expertise et sur les moments importants du cycle de vie des clients.

Plus d’opérations seront par ailleurs réalisables en ligne ou via l’Appli SG dès 2016, telles que l’ouverture d’un compte, d’un livret d’épargne ou la souscription à un crédit consommation. Ce plan doit s’accompagner d’un rattrapage technologique avec des investissements en informatique et numérique prévus à hauteur de 1,5 milliards d’euros.

[Cbanque][Cbanque][C’est pas mon idée!]

 

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