Etudes prospectives métiers : quand la DRH inspire et se doit de faire bouger les lignes …

Les études métiers : prédire l’avenir pour servir le business ?

suite prospective 2Si vous croisez dans les étages d’une DRH une personne en train de tirer les cartes ou de se pencher sur une boule de cristal, il s’agit là sûrement d’une farce ou d’une action de team building … En effet, réaliser des études prospectives sur les métiers ne consiste pas à prédire l’avenir mais à analyser tous les facteurs d’évolution qui vont impacter les métiers de l’entreprise et les pratiques associées.

Ces études permettent à la DRH d’anticiper les évolutions de l’environnement et des pratiques de travail puis de les traduire en compétences clés nécessaires à la réalisation du projet et de la stratégie de l’entreprise. Sur cette base, la DRH peut construire les dispositifs pour les développer ou les attirer dans le cadre d’une politique et de leviers RH adaptés ; le tout favorisant l’engagement des collaborateurs en leur donnant des perspectives.

Ainsi, mener des études prospectives sert tant l’organisation et le business que les individus présents dans l’entreprise ou étant amenés à la rejoindre ; positionnant la DRH dans un rôle clé pour le développement de l’entreprise.

Les inducteurs des évolutions métiers : alignement des planètes ou facteurs endogènes et exogènes ?

suite prospective 3Si les bénéfices des études prospectives sont clairement identifiés, la question est de savoir comment « intuiter », détecter et anticiper les évolutions des métiers. Alors même que 60% des métiers de demain n’existent pas encore, l’essentiel des métiers existants va évoluer pour s’adapter à l’environnement en mouvement. La DRH doit s’immerger dans l’environnement externe et interne pour comprendre les grandes tendances. En effet, plusieurs facteurs viennent impacter les métiers comme, par exemple :

  • Le déport d’une grande partie des activités traditionnelles vers l’externe : les clients/consommateurs sont de plus en plus autonomes et ont modifié leurs attentes vis à vis des entreprises ;
  • L’évolution des formats de relation avec ses clients ;
  • Le boom des usages digitaux, tant en interne qu’en externe ;
  • Les évolutions réglementaires ;

Les études prospectives doivent donc repositionner l’entreprise dans son environnement et ouvrir les réflexions au-delà du cadre de l’activité business actuelle ou à venir. La DRH doit déranger, mettre son intuition au service de l’anticipation des sujets clés de demain et ainsi se positionner en amont de la stratégie de l’entreprise.
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La DRH : une prophétesse ou une facilitatrice des questionnements en entreprise ?

La démarche doit être ouverte et participative, et fondée sur 5 principes clés :

  • Sortir du cadre strict de la stratégie de l’entreprise : la DRH doit aider l’entreprise à se poser les bonnes questions sur les modèles économiques et s’autoriser à challenger les visions en ouvrant les réflexions ;
  • S’inspirer en expérimentant les tendances et pratiques extérieures : experts externes, learning expeditions, regards croisés, analyses des pratiques à l’étranger ou à d’autres secteurs sont des moyens de s’inspirer et d’aller comprendre les tendances en se décentrant de l’activité première de l’entreprise. Cette ouverture doit être partagée avec les acteurs lors de différents ateliers et entretiens pour favoriser les échanges et l’émulation ;
  • Bousculer les pratiques : l’ensemble des techniques d’innovation participative et du design thinking peuvent aider les contributeurs à sortir des schémas de pensée habituels et à expérimenter les changements qui vont se présenter pour les différents métiers. En se désaxant, une réelle projection est possible là où un questionnement classique rend difficile la capacité des acteurs à s’éloigner du cadre qu’ils connaissent au quotidien ;
  • Adopter une démarche participative : une approche terrain et opérationnelle permet de qualifier au mieux les enjeux et évolutions des métiers. Implicante, elle permet aussi aux contributeurs d’anticiper pour eux-mêmes les changements à venir et mieux les accepter (« ce n’est pas la DRH qui dit, ce sont les opérationnels qui proposent ») ;
  • Développer un leadership collectif en mobilisant le top management : l’adhésion et le développement des sponsors sur ces sujets permettent de créer un réel élan et de positionner ces études au cœur de la stratégie.

A titre d’exemple, weave a mené deux études en collaboration avec L’Observatoire des métiers, des qualifications et de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la banque. Ces études prospectives, l’une sur l’impact du numérique sur les métiers de la banque et l’autre sur l’impact du numérique sur le métier de chargé de clientèle particuliers et sur l’évolution du rôle managérial, ont été menées selon ces principes. Dans ce cadre, les réflexions ont notamment été inspirées de l’évolution des métiers des médias sous influence du numérique ; alors même que les médias et la banque ne semblent pas de prime abord des secteurs proches. Cela a permis d’ouvrir le champ de réflexion et de partager ces éléments lors du colloque annuel de l’Observatoire des métiers de la banque.

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