La conquête de l’intelligence artificielle, un enjeu important

illustration de l'intelligence artificielle sur une femme

D’après Laurent Alexandre, expert en technologie du futur, « l’intelligence artificielle est source de toute création économique dans le XXIème siècle, car qui contrôle l’intelligence artificielle, contrôle le reste ».

 

« Qui contrôle l’intelligence artificielle ? »

Google, Apple, IBM, Amazon et même Facebook s’intéressent aux « IA ». Pour l’instant, c’est Google qui est en tête des innovations. L’intelligence artificielle appliquée à Google est une réalité. Son moteur de recherche capable d’apporter des réponses personnalisées est l’exemple le plus parlant et vous l’utilisez au quotidien. Bientôt, il sera autonome et n’aura plus besoin de présence humaine.

Les États du monde entier commencent à peine à se rendre compte du potentiel des intelligences artificielles made in Google appliquées à la médecine, à la domotique, à l’informatique, etc. Dans l’hypothèse où Google réussit ses diversifications [et devient leader dans tous ces domaines], il sera trop puissant. Il faudra bien un jour nationaliser Google. Sans que cela ne résolve finalement grand-chose : même si ce scénario se réalise, l’intelligence artificielle la plus perfectionnée du monde sera aux mains d’un État, en l’occurrence celles des États-Unis.

 

 « L’intelligence artificielle peut-elle avoir un rôle pertinent dans les applications métier utilisées chaque jour par les entreprises et leurs collaborateurs ? »

L’université Polytechnique de Chalmers (Göteborg, Suède) a développé un programme de sélection de fournisseurs, doté d’intelligence artificielle. Non seulement le taux d’erreur était significativement bas, mais le programme était également capable d’autres subtilités : identifier les tendances et les raisons des sélections et prendre des initiatives afin de renégocier les termes d’un contrat avec un fournisseur.

Il est important de noter qu’il y a un prérequis indispensable au bon fonctionnement de l’intelligence artificielle : la disponibilité et la qualité des données. Si certaines données manquent ou sont incorrectes (les prix ou les délais, par exemple), la prise de décision par le programme sera faussée et aura potentiellement des conséquences négatives sur l’entreprise.

 

« La créativité, dernière frontière de l’intelligence artificielle »

L’ordinateur est capable d’analyser une quantité d’informations et d’explorer beaucoup plus de variantes que ne le ferait un humain. Néanmoins, un algorithme va explorer le monde selon les contraintes qu’on lui a données. La véritable créativité, elle, repose sur deux points : savoir quelles contraintes il faut donner pour obtenir quelque chose d’intéressant et être capable de juger du résultat. Cela, un ordinateur ne sait pas le faire.

 

 « Sommes-nous toujours capables d’analyser avec justesse les décisions ou les situations que nous rencontrons ? »

La réponse, évidemment, est non. L’homme est, par définition, capable de se tromper. La machine, non ! Mais affirmer que l’ordinateur serait exempt de défauts est un mensonge grossier. Sa capacité à gérer beaucoup plus rapidement que nous, une masse d’informations colossale ne lui donne pas pour autant la vérité. N’oublions jamais qu’une machine n’est que le résultat d’un savoir insufflé par l’homme à des composants électroniques. C’est sa capacité à analyser rapidement des informations qui la rend unique.

 

« L’intelligence artificielle risque-t-elle de détruire un jour l’humanité ? »

Dans l’état actuel des choses, l’intelligence artificielle ne présente aucun danger de contrôle de la pensée. Elle ne fait que répondre à la programmation humaine. Ainsi, les dangers imminents découlent de l’utilisation que l’être humain en ferait. Par exemple, Google prône l’usage des sciences et des technologies dans le but d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.

Dans un avenir plus lointain (2040 pour Ray Kurzweil de Google), notre société sera une société connectée dépendante des machines. On peut tout à fait envisager un futur où les robots « hackent » et débranchent les pacemakers et font tomber les avions.

 

Plus que le seul monde de l’entreprise, c’est notre mode de vie tout entier qui peut être chamboulé. Et il temps de donner à l’intelligence artificielle sa dimension éthique. Les innovateurs devraient relire Platon et réfléchir au classique dilemme du tramway à la sauce Google car.

Les philosophes, maillon indispensable à l’entreprise de demain ?

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