Bonjour à toutes et à tous. Je vous propose cette semaine de faire un point de focus sur le développement du secteur en portant trois regards :

  1. La région Bretagne, première région agricole de France avec 70 000 employés et un chiffre d’affaire de 20 milliards d’euros, bénéficie de plusieurs nouveaux investissements.
  2. Le développement à l’international est un enjeu majeur pour l’avenir du secteur. Les industriels portent leur regard vers la Chine et ne veulent pas manquer le potentiel qui s’ouvre avec les changements dans les modes de vie de la nouvelle classe moyenne Chinoise avec 91 millions de foyers en Chine qui disposeront d’un revenu annuel supérieur à 23.200 dollars.
  3. Ces nouvelles opportunités de croissance ne doivent pas faire oublier la volatilité des prix des matières premières qui sont maintenant considérées comme inévitables. L’indexation des prix des matières premières agricoles tente de s’inviter à la table des négociations entre les industriels et les enseignes de la distribution.

Bonne lecture à tous.

Focus #1 : Le dynamisme de la Bretagne

La Bretagne concentre 20% de la production agroalimentaire nationale. Le dynamisme de ce secteur et la présence d’un véritable écosystème inscrit dans les gènes bretons favorisent son développement.

  • La marque Paysan Breton issue des coopératives Even, Terrena et Triskalia se lance dans la production de crème fraîche. Un programme de 100 millions d’euros sur deux ans dans ses laiteries bretonnes a été annoncé.
  • Pour fournir le marché chinois en lait infantile, qui subit un fort déséquilibre de l’offre et de la demande, le groupe chinois Synutra fait construire à Carhaix deux tours de séchage. Les éleveurs de Sodiaal fourniront le lait. Démarrage 2015 avec 160 salariés à la clé.
  • A Ecommoy dans la Sarthe, la Société Nouvelle Asia Food, construit une usine de 5.800 m2 pour produire des bouchons réunionnais surgelés à destination de la GMS française et à l’export.
  • Le distributeur Intermarché, acteur majeur de la filière bretonne modernise deux usines de charcuterie et d’abattage de gros bovins. Implanté en Loire Atlantique, le groupe dispose de 26 sites de production. Le charcutier Ranou va augmenter sa production de 15% pour passer à 11.000 tonnes avec un investissement sur l’outil industriel de 9 millions d’euros dans l’optique de diversifier ses clients. A Tremorel, Jean Rozé vient d’investir 2,5 millions d’euros (abattage de gros bovins). D’autres extensions sont prévues, l’usine de production de Saumon fumé, le Moulin de la Marche, basé à Châteaulin va voir sa superficie passer de 6.000 à 8.000 m2.
  • Dans les services aussi, le développement est présent. Le groupe Le Duff va implanter la première unité française Bruegger’s Bagel qui ouvrira ses portes en octobre à Rennes.

Focus #2 : Le développement à l’international 

Le déplacement de François Hollande en Chine ce mois d’avril est un enjeu fort pour la promotion du savoir français en matière d’agroalimentaire.

  • Selon Bercy, les importations chinoises en produits agroalimentaires tourneront autour de 100 milliards de dollars par an dès 2017. Aujourd’hui la France pèse 1,4 % des importations de la Chine. Or ce chiffre passe à 42% pour les vins. Le positionnement haut de gamme des marques françaises n’est pas suffisamment mis en valeur et souffre face à un marketing habiles des marques chinoises (Notre champion national du yaourt, Danone, en sait quelque chose depuis sa rupture de partenariat avec Wahaha).
  • Les changements de mode de vie des chinois qui accompagnent l’urbanisation du pays est un virage à ne pas manquer pour notre industrie agroalimentaire. Pour Stéphane Courqueux qui dirige les opérations asiatiques de l’Ifop, « la dimension hédoniste est très clairement devenue une carte à jouer ».

Focus #3 : La volatilité des matières premières agricoles 

Les producteurs de lait sont aujourd’hui sous les feux de l’actualité. Un objectif : renégocier les prix selon la volatilité.

  • Mais l’équation est complexe. D’un côté, il ne faut pas gripper toute la chaîne alimentaire en ne tenant pas compte de l’augmentation des prix des matières premières agricoles, de l’autre, il ne faut pas encourager l’inflation des prix dans les rayons.
  • Pour y faire face, le gouvernement propose d’activer une clause en sommeil de la LME : même en cours d’année, la réouverture des négociations commerciales en cas de brusque flambée ou chute des prix des matières agricoles.
  • D’ailleurs un premier pas vers l’indexation des prix sur le cours des matières premières vient d’être franchi. Une hausse de 3 centimes par litre de lait de consommation et 2 centimes pour le lait incorporé dans les produits laitiers a été entérinée.
  • Carrefour et Auchan ont une réaction positive et s’engagent « sans délai dans le dispositif proposé compte tenu de la situation actuelle des éleveurs laitiers ». Cette hausse ne sera pas répercutée sur les consommateurs.

Autres actualités

  • Danone. Premier actionnaire de Yakult, spécialiste japonais des produits lactés, depuis 2000 avec 20% du capital, Danone devait monter à 36%. Yakult qui souhaite protéger l’indépendance de sa direction est donc en désaccord avec l’avenir de cette collaboration. L’alliance stratégique qui les liait est donc remplacée par un accord de coopération. L’action de Yakult a perdu 5,65% à la bourse de Tokyo suite à cette annonce. L’entreprise nippone s’expose aussi à une OPA hostile de la part de Danone. Cependant Danone montre sa volonté de coopération durable. «Nous n’avons pas l’intention de sortir, ni de monter», a déclaré vendredi une porte-parole de Danone.
  • Matines. Les actionnaires des groupes Glon, Cecab, Sicadap ont décidé de regrouper leurs activités industrielles de conditionnement et de commercialisation d’œufs destinés à la GMS. Ce projet ambitieux vise à optimiser l’organisation industrielle, logistique et commerciale de la société Matines. Le contrôle majoritaire de Matines devrait être assuré par Glon (Sofiproteol). Matines est leader sur le marché des œufs coquilles vendus en GMS avec 1,3 milliards d’œufs commercialisés sous les marques Matines et Mas d’Auge avec un chiffre d’affaire de 157 millions d’euros et 450 collaborateurs.
  • Agrial multiplie les projets de développement. Le chiffre d’affaire du groupe coopératif a progressé en 2012 de 33% à 3,6 milliards d’euros. Agrial a porté ses investissements à hauteur de 223 millions d’euros en 2012. Ils seront ajustés à environ 100 millions d’euros en 2013. Le développement dans le lait est un axe majeur. Cette activité représente 30% du chiffre d’affaire. L’annonce de la fusion avec le groupe Eurial va porter la collecte de lait à 2,3 milliards de litres et devrait représenter 10% de la collecte nationale.

sources :

Bonne semaine, weavement vôtre,
Nicolas Thuilliez(@NicoThuilliez)

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